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On veut du vrai : contre la stigmatisation des corps !
Le retour du printemps marque aussi un retour que l’on attendait moins : celui de l’injonction au “corps parfait” mince, lisse, épilé. Face à cela, des influenceuses prennent la parole sur Instagram.  

La lutte pour mettre en lumière tous les corps, sans beauté stéréotypée, s'organise sur Instagram et dans la vie réelle. 

Ainsi en mai 2018, l’humoriste Laura Calu lance le hashtag #objectifbikinifermetagueule pour fédérer contre l’injonction au corps parfait, et s’assumer avec ses marques, bourrelets, poils, vergetures…

Louise Aubery, du compte Instagram @mybetterself, a lancé en mai 2019 avec Julie, du compte @douzefévrier le hashtag #OnVeutDuVrai. Il revendique la présence de corps réels sur les réseaux sociaux et dans les publicités : des corps non retouchés, de femmes et d’hommes qui sont en bonne santé sans avoir une taille de mannequins, qui ont des cicatrices, qui s’assument et refusent les complexes.

Cette initiative part pour Louise d’un incident récent. À cause d’une photo sur Instagram, elle a été retirée d’un voyage de presse. Sur le post, elle s’affiche avec Pauline de @pausitiveworld en lingerie pour montrer aux femmes qu’elles peuvent se sentir sexy quelle que soit leur morphologie.

La légende y indique “Le corps d’une femme n’est pas là pour satisfaire TON bon vouloir.La seule à qui ce corps doit plaire, c’est à cette femme. Qu’elle soit épanouie. Qu’elle se sente bien. Qu’elle soit heureuse. Et cela, tous les corps le permettent. Alors oui, tous les corps sont des « bons » corps. Arrêtons de les hiérarchiser”.

Au sujet de cet incident, Louise remarque qu’il est extrêmement dommage de sanctionner les femmes qui osent s’exprimer à ce sujet, car cela bride une parole qui encourage à se sentir bien dans son corps et à s’aimer tel.le que l’on est. Cette réticence à afficher des corps au dessus de la taille 36 porte un nom : la grossophobie.

La grossophobie produit de l’obésité

Pour saisir l’importance de ce combat, Orenda a interrogé Catherine Grangeard, psychanalyste spécialiste depuis 20 ans du poids.

“La grossophobie produit de l’obésité ! Elle fabrique des problèmes là où elle pense les solutionner ! On peut être en surpoids sans jamais devenir obèse; en revanche les régimes provoquent une prise de poids à 95% “ alerte la psychanalyste. Catherine Grangeard a écrit un roman pour parler de cette thématique au grand public.

Dans La femme qui voit de l’autre côté du miroir, l’héroïne est une jeune femme de 25 ans qui attribue tous ses complexes et difficultés à son poids jusqu’au jour où elle rencontre une psychologue. Elle comprend alors qu’il lui faut remonter dans son passé pour comprendre tous ces complexes liés au physique. Le roman mêle des milliers d’histoires réelles, pour offrir un témoignage au public et l’informer sur les conséquences de la grossophobie.Il vise aussi à se questionner sur ses propres complexes.

Un défilé littéraire sur des extraits du roman a également été organisé avec l’association Cosmo Plus, sous le marrainage d’Hélène Bidard, élue très engagée dans ce combat.

“Le fait que des femmes qui sont en obésité défilent montre qu’il y a toutes sortes de corps, et que la beauté dépasse les normes” souligne Catherine Grangeard.