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Inspirations
Venez découvrir Woman, ou les mille facette des femmes
Yann-Arthus Bertrand et Anastasia Mikova nous ont parlé de leur documentaire Woman, en salle le 4 mars 2020. 4 ans de tournage, 2000 femmes, 50 pays et un résultat époustouflant.

Le documentaire WOMAN se situe dans la lignée des films dirigés par Yann-Arthus Bertrand : une grande fresque de portraits de personnes qui racontent leur histoire. Ici pourtant une particularité : ce sont uniquement des femmes que le réalisateur a mis en lumière dans son travail conjoint avec la journaliste Anastasia Mikova. 

Le résultat est un portrait choral très intime, inclusif, qui parle de toutes les femmes en liant des dizaines d’histoires singulières en un mélange universel de sujets. 

Anastasia Mikova raconte : “Quand on a démarré, je me suis demandé en tant que femme si il y avait quelque chose qui nous unissait toutes, au delà des frontières et des langues. ”

Yann Arthus-Bertrand souhaitait montrait au départ les injustices subies par les femmes dans le monde. Anastasia Mikova a apporté sa touche en proposant aussi d’aller dans des questions intimes sur le corps, les règles, le rapport à la sexualité. 

Les femmes présentées dans le film, qui font partie de ce groupe de 2000 femmes interrogées, sont à la fois des anonymes et des personnalités du monde entier. Anastasia Mikoba souligne ce choix de mêler les deux : “Selon le pays d’où on vient, on reconnaît certaines femmes. Mais on ne voulait pas mettre l’accent sur qui elles sont, les enfermer dans ce pour quoi elles sont connues ou pas. C’est pour cela que l’on ne donne aucune information sur qui elles sont, ni le pays, ni le métier, car pour nous la parole est universelle.  Une femme qui parle de la maternité, de la discrimination, de la sexualité, est ce qu’on a besoin de savoir si elle est connue ou pas”. Peut-être reconnaitrez vous Phumzile Mlambo-Ngcuka présidente de l’onu femme, Vladimir Luxuria, femme transgenre parlementaire  en Italie, la femme politique franco-colombienne Ingrid Betancourt , ou encore Michaelle Jean,  femme gouverneur au Canada.

Il y a un effet miroir très fort, où toutes les femmes se reconnaissent dans ces histoires alors que très souvent cela n’a rien à voir avec notre vie. Pourtant d’une façon ou d’une autre, on se sent connecté à toutes ces femmes au bout du monde. Les journalistes avec qui on a travaillé m’ont dit exactement la même chose, qu’elles ont ressenti ce lien invisible avec des femmes de l’autre bout du monde qui n’ont rien à voir avec notre vie. Quand on parle de sororité, c’est peut être le mot qui peut exprimer ça le mieux, c’est difficile de l’exprimer avec des mots, c’est au niveau des émotions et des sensations que ça se passe.” raconte Anastasia. Lors des projections, certaines femmes du public venaient féliciter les réalisateurs pour leur raconter le sentiment d’incroyable proximité qu’elles ressentaient avec ces femmes du monde entier. 

Certains passages du film parlent à tous et à toutes, indifféremment du genre. Ainsi de nombreux témoignages racontent de très belles histoires d’amour, des témoignages compréhensibles par tous qui raconte combien on a besoin de l’autre pour exister.  

Yann-Arthus Bertrand nous parle ainsi d’un témoignage qui l’a touché : "Un témoignage d’une femme pour lequel j’ai beaucoup d’affection est celle qui raconte qu’il a été difficile de se trouver belle après la mort de son mari car c’est un message très beau et inattendu qui parle de l’amour, et de la reconnaissance de ce que l’autre nous apporte ." 

Anastasia Mikova renchérit :  “Chaque femme que j’ai interviewé m’a marqué individuellement, elles m’accompagnent et restent avec moi toute ma vie”.

Ce film s’adresse à toutes et à tous, des spectateurs hommes ont confié “avoir pris une claque” raconte Yann-Arthus Bertrand, en découvrant ce qu’être une femme peut parfois vouloir dire en terme de violences. 

L’ensemble du film est cependant lumineux, les protagonistes ne sont jamais présentées en victimes. "Une femme qui a vécu des violences, c’est aussi une mère, c’est aussi une femme qui travaille, qui a une sexualité… Elles aussi étaient très heureuses car elles ne se sentaient pas enfermées dans des cases pour une fois. elles sentaient qu’on était là pour elle dans leur intégralité et pas pour un sujet en particulier. D’ailleurs il y a beaucoup de femmes qu’on est venu interviewer sur un sujet et qui sont dans le film avec complètement autre chose, et je trouve ça génial” explique Anastasia.

Ce film raconte des femmes qui ouvrent la voix, sans s’excuser ni accuser ; au spectateur de venir les entendre et les écouter. 

Un livre accompagne la sortie du film, afin de pouvoir retrouver toutes les femmes interviewées, en plus d’articles et de témoignages qui éclairent la situation des femmes dans les différents pays du globe. 

Restez également à l’écoute, en mai aura lieu à la Villette une grande exposition immersive autour de portraits de femmes.