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Inspirations
Rendez-vous au théâtre pour réfléchir et agir
Le terme féminicide est apparu dans les dictionnaires français en 2015, et désigne « le meurtre d’une femme, d’une fille, en raison de sa condition féminine. ». La France est le pays d’Europe où l’on en dénombre le plus, avec 149 meurtres de femmes recensés en 2018 ( selon Marie Bongars, qui tient le compte Instagram du même nom) .  Comment représenter ce sujet tabou, permettre d’en parler sans tomber dans le voyeurisme ?  

Le théâtre féministe peut représenter l’indicible : la preuve avec une compagnie qui propose d’aborder avec légèreté et justesse les violences faites aux femmes. Rendez-vous le 12 septembre à la Maison de l’Amérique Latine à Paris. 

 

Le terme féminicide est apparu dans les dictionnaires français en 2015, et désigne « le meurtre d’une femme, d’une fille, en raison de sa condition féminine. ». La France est le pays d’Europe où l’on en dénombre le plus, avec 149 meurtres de femmes recensés en 2018 ( selon Marie Bongars, qui tient le compte Instagram du même nom) . 

Comment représenter ce sujet tabou, permettre d’en parler sans tomber dans le voyeurisme ? La compagnie de la Biche Volante a réussi ce pari, en adaptant la pièce “Viajar Ligero”. 

Cette oeuvre d’une autrice mexicaine, Gabriela Guraieb est mise en scène par Justine Haye, qui a fondé la compagnie. 

Au Mexique, les meurtres de femmes sont une réalité quotidienne. 

La pièce présente Pola, petite fille de 10 ans dont la soeur a disparu. Elle doit tenter de sauvegarder des affaires de sa soeur dans une toute petite valise, avant que le reste ne soit emporté. Commence alors une course contre la montre pour garder l’essentiel de cette grande soeur libre et admirée. Le sujet fort est abordé de façon très onirique grâce à la relation entre Pola et sa poupée qui prend vie. Les personnages dansent, se chamaillent, essaient les vêtements de la grande soeur, et la petite fille s’affirme au fur et à mesure face à la poupée frivole.

La toile de fond dramatique n’exclut pas l’humour dans les dialogues.

Ainsi lorsque la poupée propose de ranger “pour faire comme les adultes” et que Pola refuse car elle ne veut pas en devenir une, la poupée rétorque qu’elle rêve d’être une adulte : “ Oh si, moi je rêve de payer des impôts !” 

 

La pièce se termine sur une note d’espoir quant à la situation des femmes et leur perspective d’action. 

Pourquoi la metteuse en scène a t elle choisi ce sujet ? “Le texte m’a énormément touché : je l’ai lu, j’ai pleuré !”

Ce n’est pas un coup d’essai pour la compagnie de La Biche Volante. Justine Haye, metteuse en scène et fondatrice avait monté une précédente pièce féministe, “Légère en Août” de Denise Bonnal, qui pose la question du droit des femmes à disposer de leur corps. Inspirée par l’histoire de l’internat du Plessis, où de jeunes filles enceintes avant le droit à l’avortement étaient cachées du reste de la société le temps de leur grossesse. 

La compagnie compte bien continuer à alerter par le théâtre : leur prochaine création originale parlera du sujet tabou de la violence des femmes, envers les autres , sur leur corps.

Justine explique : “L’idée aussi c’est que si tu reconnais aux femmes qu’elles peuvent être violentes, tu reconnais aussi qu’elles peuvent être puissantes ! “ 

La pièce “Viajar Ligero” est le fruit d’une collaboration internationale entre une jeune autrice, une jeune metteuse en scène et de jeunes actrices.  La pièce sera présentée le 10 septembre au Court Circuit à Paris. Elle sera également présentée le jeudi 12 septembre à la Maison de l’Amérique Latine, pour une représentation suivie par une discussion avec l’association Nous Toutes, qui agit pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles, et l’artiste Vic Oh, qui travaille pour une éducation sexuelle féminine positive.