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On a parlé pénis et préjugés
Dans la rencontre amoureuse, un tas de stéréotypes se réinstallent. Face à ça, le site de rencontre Abricot.co a organisé une table-ronde débat sur les masculinités avec des invités sortant des codes.

Avec l’été qui arrive, nous voilà abreuvé.e.s de conseils pour draguer, pour se rendre séduisant.e.s et rencontrer l’âme soeur ou le coup d’un soir. Mais cette quête d’un partenaire avec qui partager les chaleurs de l’été n’est pas exempte d’une possibilité de réflexion sur les critères de genre que nous avons.

 

Abricot.co a organisé une table-ronde débat entre Tanguy Rousseau (vidéaste et danseur), Panteros 666 (DJ), Mymy Haegel (rédactrice en chef du site Madmoizelle et Marie Bongars (podcasteuse) pour discuter des clichés sur la masculinité.  

Abricot.co est un site qui veut permettre des rencontres vraies et sincères entre personnes, dont on vous parle juste ici. En plus de vous connecter avec des gens qui vous correspondent grâce à leur système de matching personnalisé, ils organisent de nombreuses conférences aux thématiques féministes. 

C’est ainsi que nous avons assisté à une conversation passionnante dans une grande bienveillance et avec beaucoup d’humour sur “Pénis et Préjugés”. 

Selon Mymy, “C’est difficile de définir ce qu’est un homme car cela a été beaucoup moins réfléchi que les codes de la féminité. La plupart des hommes que j’interroge ne se sont jamais posé la question !”

Les clichés qui se réfèrent à la virilité induisent des comportements souvent toxiques : au niveau de la consommation de drogues ou d’alcool, des conduites dangereuses… Les hommes sont deux fois plus touchés par les troubles liés à l’alcool que les femmes ; les ¾ des personnes victimes de suicides sont des hommes. Contrairement aux femmes, les hommes ont moins été obligés de remettre en question les codes liés à leur genre pour acquérir des droits. Si on exclut une partie de l’humanité de la réflexion sur les codes de genre, on n’arrivera pas à l’égalité.  Pourtant les stéréotypes sur la masculinité ont la vie dure mais commencent à être questionnés.

 “Tu nais homme et tu es homme, tu ne le questionnes pas” remarque Panteros 666. Il fait partie de ces hommes totalement affranchis des codes de la masculinité classique dans sa manière de s’habiller : cheveux colorés, colliers, vêtements bariolés. Il partage son expérience de garçon qui a pu découvrir les gender studies lors de ses études au Royaume-Uni et s’affranchir de codes étriqués sur le look, la manière d’aborder les filles. C’est aussi le cas de Tanguy Rousseau, qui a notamment créé la série de vidéos YouTube “Can You Dance”  pour prouver que tout le monde peut danser. Sur Instagram, on le voit en mini short à paillettes, en tutu ou encore avec la barbe ornée. Il raconte : “On me dit que je fais ressortir ma part de féminité en mettant des fleurs et des paillettes dans ma barbe, pourtant je me sens super viril en le faisant. Peut être que ma propre virilité me protège des virilistes” .

Mais comment être un homme en 2019 ? 

“Être un homme dans les codes classiques c’est aussi avoir une grande confiance en soi : un homme qui n’est pas dans les codes classiques mais qui s’affirme paraît viril; on n’éduque pas les garçons à accepter leur vulnérabilité ,souligne Mymy. L’injonction à réprimer sa sensibilité arrive très tôt : on norme dès l’école les petits garçons à “ne pas pleurer comme une fille”. On n’apprend pas non plus aux jeunes garçons à se rendre désirables ou à porter un regard bienveillant sur leur corps remarque Mymy. Ceci a des conséquences sur leur état de santé : les hommes ont du mal à se rendre chez le médecin pour consulter, on ne les incite pas autant à aller chez l’urologue qu’on le fait pour les filles avec les gynécologues.  En parallèle, de plus en plus d’hommes consultent chez les sexologues pour une baisse du désir liée à une pression à faire jouir. 

Pour contrer cela, il faut éduquer, apprendre à accepter sa vulnérabilité et sa sensibilité et la revaloriser. Des comptes comme ceux des intervenants de cette discussion présentent des modèles de masculinité positive assumée. On peut également conseiller le compte @tubandes, créé par un jeune homme de 26 ans pour ouvrir la parole sur les conséquences des clichés associés à la masculinité : les pressions sur la sexualité, l’expression des sentiments, ou encore les violences sexuelles. 

Être un homme en 2019 doit être autant questionné que ce qu’est être une femme, et vous découvrirez que de nombreux modèles existent, aussi séduisants et drôles que peuvent l’être Tanguy ou Panteros. Alors n’hésitez pas à envoyer valser vos préjugés et à vous libérer pour vous dévoiler ! 

Pour découvrir le site de rencontre Abricot, rendez-vous sur leur site ici !