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Inspirations
Notre bilan du mois sans alcool
Chez Orenda, on a testé un mois sans alcool. On en a retenu trois grandes choses : d’abord que ce n’était pas si facile ; mais on y a trouvé des bénéfices santé ; et on s’est senti.e.s plus fortes. 

Quoique banale ( la consommation d’alcool générale est globalement en baisse dans la population française), cette résolution peut être compliquée au pays  se situant au sixième rang des plus grands consommateurs d’alcool parmi les 34 pays de l’OCDE. 

La résolution du mois sans alcool est arrivée classiquement après les fêtes : entre la période de Noël et le réveillon, les incitations à boire un, deux, trois verres sont (très) nombreuses. 

Et cette consommation se situe au delà des recommandations santé de Santé Publique France : maximum 10 verres par semaine, maximum 2 verres par jour, et des jours dans la semaine sans consommation. 

Après un réveil difficile dans la gueule de bois du premier janvier, entre notre quatrième thé vert de la journée et notre énième soupir de mal-être, notre décision était prise : pas d’alcool en janvier ! 

Résolution autant applaudie que blaguée par notre entourage : “31 jours ? ça va être long non ?” Bien vu Michel.le, peut-être que février aurait été un choix plus judicieux mais on se lance quand même. 

Pourquoi s’infliger cette detox sur une terre qui compte tant d’occasions de boire un petit verre ? 

Les bénéfices sont réels : pour le psychologue Dr de Visser, cité dans cet article : "Le simple fait de faire un mois sans alcool aide les gens à boire moins à long terme : en août, les gens rapportent un jour d’abstinence supplémentaire par semaine. Les avantages immédiats sont considérables : 9 personnes sur 10 économisent de l'argent, 7 personnes sur 10 dorment mieux et 3 personnes sur 5 perdent du poids".

Retour d’expérience 

Le premier week-end est facile, étant donné qu’il n’arrive que deux jours après le 31 décembre. Le vendredi soir tranquille sur un canap, on en profite pour se refaire une culture générale avec les films engagés qui nous ont touchés récemment. De toutes façons, il fait un temps affreux, et on a dégoté une super recette de tisane : gingembre / zeste de citron / cannelle ( comme un gâteau mais en infusion). 

Avec ça, grande motivation pour se lever le samedi, faire un tas de choses que l’on repoussait, bref, commencer l’année du bon pied ! De quoi rendre super motivé.e pour la suite, “un mois ça passe vite” se dit on. 

Les complications commencent dès le lundi : la tentation de l’afterwork approche ! On s’était d’abord dit qu’on y mettrait pas les pieds. Cela dit, dire non en bloc, c’est fatiguant. 

Premier verre donc, et premier test : allons nous résister ? La première difficulté, c’est la pression sociale. Ne pas boire, encore aujourd’hui, cela reste inhabituel: les questions fusent. “Tu es enceinte ? ta religion te l’interdit ? tu es malade ? “ 

Deuxième déconvenue : que boire ? Lorsque l’on choisit du sans alcool, les cartes des bars deviennent au choix minuscules ou hors de prix. Après deux thés verts, un café allongé et un jus de citron, autant vous dire qu’on avait légèrement mal au ventre. 

Avec un serveur taquin par dessus le marché “ Hein ?! une verveine ? Mais enfin vous allez pas boire une tisane à cette heure là, vous n’avez pas 80 ans!” , la motivation peut être difficile à garder. 

La solution pour s’épargner cela : notre liste de bars Orenda avec des jus bons pour le moral et la santé : 

À Paris : 

Le Politicafé dans le 18e pour ses  jus bio et ses limonades traditionnels faites en France  ;  

Le Super Café dans le 20e pour ses infusions originales ; 

Le Bonjour Madame dans le 11e pour les versions virgin de leurs cocktails aux noms de punchlines ; 

Le Social Bar pour ses smoothies préparés avec amour ; 

Le Kiez Biergarten dans le 18e et au bord du bassin de la Villette pour boire soft ET allemand : jus de rhubarbe, limonade autrichienne, on donne rendez-vous aux explorateurs du goût ; 

 

À Lille : 

 La Ressourcerie pour son jus de pommes du coin ;

Au DIY Café  pour ses jus bio qui accompagneront très bien leurs cartes de tapas vegan. 

C’est aussi l’occasion de découvrir des recettes de cocktails sans alcool comme le virgin Moscow Mule :  mixez ¼ de concombre pour en extraire le jus, mélangez au shaker avec le jus d’un demi-citron vert, une feuille de menthe et 2 glaçons, puis secouez le tout et ajoutez de la ginger beer. Enfin, on se conforte en observant les avantages de cette petite cure.

 

Du sommeil et de l’oseille 

L’un des gros avantages, c’est que ne pas boire permet aussi une chose : savoir partir lorsque l’on est fatigué.e. Sans les effets excitants de l’alcool, il est plus facile de se rendre compte quand on n’en peut plus et que les conversations n’ont plus aucun sens ! 

Autant être honnête sur ce dry january : nous on a craqué au bout de 15 jours pour une bonne bière. Cependant la démarche nous a plu et nous a appris beaucoup.

 

Niveau santé, après déjà 10 jours sans alcool, on se sent plus en forme et pour cause : l’alcool a tendance à perturber le sommeil. On se couche plus tôt, et on dort mieux. Les effets positifs sur le corps ne s’arrêtent donc pas là : la peau est plus jolie, car plus reposée et moins sujette à la déshydratation liée à l'alcool. 

Les résultats de l’étude du Dr de Visser sur un mois entier corroborent ces impressions : 70 % ont amélioré leur état de santé général , 71 % dormaient mieux , 67 % avaient plus d'énergie , 54 % avaient une meilleure peau.

Cela peut également être plus économique. Ce point est à nuancer : il arrive encore que la bière soit moins chère que les softs ( autres que café) dans certains bars. Cependant une bouteille de soft vous coûtera nettement moins cher lorsque vous allez chez des gens. 

En fin de compte, les plus gros avantages se situent surtout au niveau psychologique.

Cette période d’abstinence est une occasion de faire le point sur de nombreux aspects.

En premier lieu, cela apprend à résister à la pression sociale. Les moments festifs ou de détente sont systématiquement associés à la consommation d’alcool. Remettre en question ce paradigme initie une prise de conscience : pourquoi boit-on ? Par peur de l’ennui, pour cacher sa timidité et se désinhiber …  

Toujours après cette étude conduite par le Dr de Visser,  76 % des participants ont mieux compris quand et pourquoi ils boivent et 71 % ont réalisé qu'ils n'avaient pas besoin d'un verre pour s'amuser. 

Ensuite, ne pas boire d’alcool ne fera pas de vous un.e saint.e mais permet d’être plus disponible aux autres, plus attentif.ve , et de vous recentrer peut être sur ce qui vous plaît vraiment : la famille, les livres, les séries, le sport … Cela permet aussi de découvrir ce qu’expérimentent ceux qui ne boivent pas pour des raisons religieuses, de santé ou autres. 

 

En résumé, ce défi qui peut être lancé à n’importe quel moment de l’année, est une bonne occasion de se faire du bien, et d’interroger ses habitudes !