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Portrait de vous
Nées sous la même étoile
Ersilia Vaudo est un modèle comme on souhaiterait pouvoir en rencontrer plus souvent.  Cette chercheuse en astrophysique est responsable de la diversité à l’Agence Spatiale Européenne et a géré les relations avec la NASA pendant 4 ans.  Nous l’avons rencontrée à l’occasion d’une conférence organisée par le French Curiosity Club, qui organise des rendez-vous de femmes pour les inspirer. Mission accomplie lors de cette conférence.

Originaire du sud de l’Italie, Ersilia Vaudo choisit une carrière scientifique pour “se faire respecter” par son entourage imprégné de la culture italienne marquée par une forte différenciation des genres. La jeune femme plutôt littéraire qu’elle était souhaite pouvoir comprendre l’univers, à la fois sous un spectre scientifique mais aussi philosophique. Aujourd’hui, Ersilia souhaite pouvoir faire percevoir de manières différentes les notions de temps et d’espace. “Une fois que l’on laisse sa vision du monde s’élargir, on n’est plus les mêmes” amorce t’elle. Démarre alors une exploration fascinante de cet espace temps, pour “donner de l’inspiration et sortir de sa zone de confort” souhaite Ersilia. 

Comment l’espace peut il pousser à changer sa vision du monde ? Premier exemple de visions qui ont fait changé nos perspectives : la première fois que l’on a photographié la Terre depuis la Lune. Cette photo prise sept mois avant que l’Homme ne marche sur la lune a révolutionné la vision de la place de l’humanité dans l’univers. 

Autre fait antérieur étonnant de science qui modifia la perspective du monde qui nous entoure : en 1916, la perception du temps a été chamboulée. En effet, l’unification des chemins de fer en Europe nécessite une unification des heures, montrant par là la relativité du temps. Ersilia continue de nous faire voyager dans nos perceptions : connaissiez-vous la dilatation du temps ?  C’est le fait que pour un observateur, une horloge en mouvement semble ralentie par rapport à une horloge immobile. “Plus on va vite, plus le temps ralentit, et la gravité ralentit le temps (le temps à la plage est plus lent qu'à la montagne)” nous explique l’astrophysicienne.  Peu importe à quel point nos vies sont régies par les mêmes secondes, minutes, heures, jours et semaines… Peu importe où nous nous situons sur le globe, l’écoulement du temps ne sera jamais absolu. 

Et aujourd'hui le temps est perçu bien plus rapidement qu’aux siècles précédents. 

Une fois que l’on saisit cette importance de relativiser ce que l’on considère comme un fait immuable, que l’on laisse sa vision du monde s’élargir, on n’est plus les mêmes remarque Ersilia, “il est important de garder l’esprit ouvert”. 

Pourquoi est-il si nécessaire d'insister sur la possibilité de sortir des consensus ? Car les petites filles sont soumises dès le plus jeune âge à la force des schémas établis. Dès 5 ans, elles ont intériorisé le préjugé selon lequel elles ne pourraient pas être scientifiques, dirigeantes, astronautes, et faire en général des métiers catégorisés masculins. Cela s’appelle le “dream gap”.Ersilia en montre les conséquences concrètes : dans les premières conquêtes spatiales, l’opposition à la sortie de femmes astronautes dans l’espace était énorme, pour certains c’était même une question d’ordre social. Lorsque les premières femmes volent, les stéréotypes les suivent : ainsi un kit de maquillage avait été préparé pour l'Américaine Sally Ride … il n’a jamais volé ! 

Écouter le parcours de femmes brillantes,  pouvoir échanger avec elles, et rencontrer d’autres femmes pour discuter de leurs projets, voilà un puissant outil pour se donner confiance.